Le Chemin de Saint Jacques de Compostelle en Aragon

Tout commença par la
découverte d’une petite annonce qui m’intrigua : « Partez comme volontaire
à l’étranger sur un projet social, environnemental ou culturel. N° de
téléphone…» Je me décidais donc à appeler après quelques mois, quand mes études
se terminaient. Là, une chance extraordinaire m’attendait : un projet sur
ce qui attirait mes pensées depuis plusieurs mois. C’était en mai et le projet
devait commencer en juin et…heureusement…il y avait une place de disponible dû
à un désistement d’un autre jeune européen. Et deux semaines plus tard, j’étais
partie et l’histoire commençait…
Le Projet
Le projet durait 6 mois, de juin à fin novembre. Nous étions 6 jeunes européens de différents pays : Allemagne, Grèce, Italie et France. Accueillis par l’association Multilateral de Huesca, nous allions vivre une aventure formidable…
Le Mois de juin :
La première étape fut celle de la formation : et oui, il fallait nous apprendre la langue avant tout pour pouvoir communiquer. Pendant un mois, le groupe assista à des cours de langue, on leur enseigna le principal sur le chemin de saint Jacques de Compostelle…En effet, selon nos cultures, le chemin était totalement inconnu à certains comme les Grecques par exemple. Le logement se faisait à Saragosse en résidence d’étudiants.
Puis, après 3 semaines, nous partirent parcourir le Chemin de Saint Jacques en Aragon, du col du Somport à Sangüesa. Ces 100 km étaient la partie sur laquelle nous travaillerions pendant le projet. Nous allions nous attacher à l’accueil et au renseignement des pèlerins, la diffusion du chemin dans la région, l’établissement de statistiques et des tas d’autres actions toujours autour du même thème : le chemin de saint Jacques en Aragon.
De juillet à la mi-septembre :
Dès lors, nous logions à Jaca, étape sur le chemin. Nous étions 3 par appartements et les tâches furent diverses. Selon un planning, on se rendait chacun son tour pour assurer certains postes. Tous les matins, l’un d’entre nous montait jusqu’à Canfranc Estacion où l’on accueillait les pèlerins afin de les renseigner et de leur remettre la credencial dans l’office de tourisme. Puis, un autre ouvrait l’auberge de pèlerins de Jaca dans l’après-midi et les accueillait tout au long de la journée. Sur ces 2 points, chaque pèlerin était enregistré grâce à un petit questionnaire, ce qui nous permit d’effectuer quelques statistiques. Pendant cette période, d’autres activités plus succinctes eurent lieu : nous avons diffusé un diaporama réalisé par les jeunes de l’année précédente, avons monté une vidéo du chemin, participé au Festival international sur le chemin de Saint Jacques, accompagné des personnes handicapées sur le chemin le temps d’une journée etc. …
Ce fut une période riche où nous nous sommes intégrés à la population locale et pendant laquelle nous avons appris à mieux nous connaître entre nous.
Septembre :
Vint le temps du voyage à Saint jacques de Compostelle et nous voilà parti tous ensemble à la découverte de tout le reste du chemin que nous ne connaissions pas. Ce voyage nous a appris beaucoup et nous a permis de nous rapprocher…et oui 24h/24h ensemble. Nous avons visité les endroits les plus symboliques du chemin et avons même rencontré des pèlerins que nous avions accueillis quelques semaines auparavant à jaca.
Une semaine pour toutes ces merveilles me laissa un goût un peu amer dans la bouche…moi, férue d’art et d’architecture, de musées et de monuments, n’avait pu connaître toutes les beautés qu’offrait chaque étape. Tant pis, je reviendrai …un jour…
Octobre et novembre :
Ces 2 mois furent consacrés à la présentation de notre exposition. Ainsi, nous l’avons présenté dans les 3 capitales de l’Aragon : Saragosse, Huesca et Teruel. A cette époque, nous vivions tous les 6 dans 1 seul appartement à Saragosse…je ne vous raconte même pas.
Enfin, l’heure des au revoir arriva et se fut très difficile. Les larmes coulèrent car nous ne savions pas si nous allions nous revoir un jour et parce que nous avions partagé tant de choses. Ce qui était sûr était que nous n’allions jamais revivre une telle expérience. Notre tour était terminé, notre chance avait passé. Nous nous sommes échangé les mots que nous ne nous étions pas encore dits et nous nous embrassâmes tous.
Fêtes, pleurs, rires, travail…nous avions tout partagé. Aujourd’hui, mon rêve est de pouvoir nous revoir tous ensemble un jour, de pouvoir me réunir avec Miranda, Antonella et Maria qui me manque beaucoup.